Le recyclage des pneus en fin de vie : économique et écologique

Les pneumatiques dont les véhicules sont équipés ont besoin d’être régulièrement remplacés. Dans le but de préserver l’environnement et la santé de la communauté, les vieux pneus sont alors recyclés et non jetés.

Même si les pneus usés ne sont pas considérés comme nocifs, leur présence dans la nature peut l’être. En effet, en cas d’incendie, ils représentent une réelle menace pour le milieu naturel et la population. Si un brasier survient, les pneus peuvent émettre des gaz toxiques et contaminer le sol et l’eau. De plus, lorsqu’ils sont jetés dans la nature, ils peuvent servir d’abris pour les moustiques (éventuellement vecteurs  de maladies). C’est pourquoi, des organismes les récupèrent et les recyclent pour réduire les risques.

recyclage pneus

Les règlements qui conditionnent l’industrie de recyclage de pneus

À partir de 2003, mettre les pneus à la décharge est interdit en Europe. Le but de cette directive est de démocratiser leur récupération, ainsi que leur valorisation. Jeter les anciens pneus n’importe où est aussi défendu, car ils dénaturent le paysage et favorisent la prolifération des moustiques. 

Cette même année, le système de responsabilité élargie des producteurs (REP) a commencé par s’imposer dans l’administration des vieux pneus. Selon ce système, les fournisseurs de pneus doivent rassembler ceux qui sont en fin de vie et les prendre en charge. De plus, ils doivent se charger d’un nombre de déchets équivalent à celui des pneus neufs qui ont été commercialisés durant l’année précédente.

Le renforcement du cadre réglementaire du recyclage de pneus

Le décret n°2015-1003 du 18 août 2015 et les trois arrêtés du 15 décembre de la même année ont renforcé la réglementation du traitement des vieux pneus. En outre, les articles R.543-137 régissent de même le cadre réglementaire des industries de recyclage de pneus. 

Plus précisément, le renforcement du cadre réglementaire survenu en 2015 consistait à :

considérer les pneus des motocyclettes ;

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mettre au clair la définition de producteur, distributeur, détenteur et collecteur ;

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réviser les obligations des producteurs : lorsque l’année s’achève, s’ils ont un déficit dans la récupération de pneus, ils doivent se rattraper durant le prochain exercice ;

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limiter le volume de pneus usagés utilisés en tant que sources d’énergie thermique ;

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inciter les revendeurs et les propriétaires à donner les pneus en fin de vie à des récupérateurs agréés par le préfet de département. Dans le cas contraire, une sanction administrative pourrait s’appliquer aux revendeurs et aux propriétaires.

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La gestion de la récupération des pneus usagés

Une grande partie des producteurs ont pris l’initiative de confier leurs responsabilités à des organismes collectifs. Parmi ces organismes dont l’objectif est de ramasser et de s’occuper des pneus figurent la société Aliapur et le GIE FRP. Ces deux grands organismes effectuent les obligations de leurs adhérents sur les vieux pneus grâce à des prestataires.

aliapur

Aliapur : une grande alliance

Aliapur est une entreprise anonyme créée en 2003. Elle est le produit de la collaboration entre de grandes entreprises : Bridgestone, Dunlop Goodyear, Pirelli, Continental,  Michelin et Kleber. Leur but commun étant de neutraliser les effets des anciens pneus sur le territoire français.

GIE FRP ou GIE France Recyclage Pneumatiques

GIE FRP ou GIE France Recyclage Pneumatiques

Cette société est le résultat de l’alliance entre SEVIA et ALPHA RECYCLAGE Franche-Comté durant l’année 2004. GIE FRP a aussi comme objectif de ramasser et de recycler les pneus usagés.

Le recyclage et la transformation des pneus en fin de vie

Le recyclage des vieux pneus est particulièrement important. Non seulement il permet de préserver la nature, mais il permet pareillement de réduire le gaspillage de matières premières.
À noter qu’un pneu (de tourisme ou poids-lourd) se compose en général de : caoutchouc (naturel et synthétique) à 41 %, matériaux de remplissage (carbone craie, noir carbone, silice,…) à 30 %, matériaux de renforcement (tissus, acier,…) à 15 %, produit de vulcanisation à 6 % et divers produits à 2 %.

Le traitement des pneus varie en fonction de leur type. Ils sont soit réutilisables soit non réutilisables. Donc, après leur collecte, les acteurs du recyclage les trient avant de les réutiliser ou les recycler. 

Les pneus usagés réutilisables (PUR)

Les pneus usagés réutilisables se vendent souvent comme des pneus d’occasion. En Europe, ceux-ci peuvent avoir des clients. Néanmoins, ils sont surtout exportés dans d’autres pays (Ukraine, Madagascar…) qui les utilisent jusqu’à les user complètement. Bien qu’ils n’aient pas besoin de remaniement, par mesure de précaution, ces pneus sont contrôlés (bande de roulement, flancs et seuil d’usure) avant d’être mis en vente.

Dans le cas où le seuil d’usure est atteint ou que le pneu présente des entailles ou des signes de crevaison, celui-ci passe au rechapage. Le procédé consiste à remplacer la bande de roulement du pneu afin de permettre sa réutilisation. Ce traitement se pratique généralement sur les pneus destinés à des poids-lourds ou à des engins de génie civil.

Les pneus usagés réutilisables (PUR)

Les pneus usagés non réutilisables (PUNR)

Pour valoriser ce genre de pneus, les acteurs ont plusieurs options dont :

  • la création de gazon synthétique grâce au caoutchouc contenu par les pneumatiques ;
  • l’incorporation du pneu au revêtement routier pour réduire les bruits produits par le passage des voitures et renforcer la résistance de la route aux craquelures ;
  • l’utilisation du pneu en tant que substitution au charbon dans l’aciérie et la cimenterie. Cela est possible à cause du carbone contenu dedans, qui le rend idéal pour cette utilisation ;
  • la création d’objets moulés tels que des roues caddies avec des pneus ;
  • la reconversion de pneus qui permet d’obtenir des toitures à bas prix mais esthétiques ;
  • la construction de murs servant à lutter contre les avalanches ou de murs de support avec des pneus découpés.
Les pneus usagés non réutilisables (PUNR)

Le meilleur moyen de gérer la collecte des vieux pneus

Pour collecter de manière efficace et rentable les vieux pneus, il est conseillé de se limiter à un itinéraire d’une longueur maximum de 150 milles. En effet, la majorité des frais de cette filière vient du transport des vieux pneus. Pour la plupart des industries, le prix de camionnage est de 1 $ par mille. Peu importe que le camionneur ne transporte que 10 ou 1 000 pneus, le coût restera le même. Celui-ci est aussi à prendre en compte pour tout le trajet, c’est-à-dire l’aller-retour.

Si au cours de ce voyage, le responsable de la collecte ramasse au moins 1 200 pneus et que les frais de collecte sont de 0,75  $ / pneu, cela reviendrait à : 

  • 300 miles (aller-retour) × 1 $ = 300 $ de coût de transport (dépense) ;
  • 1 200 pneus × 0,75 $ = 900 $ de frais de collecte (gain).

     

Si le traitement des pneus collectés engendre une dépense moyenne de 0,5 $ / pneu (manutention et transformation), cela ferait : 

  • 1 200 pneus × 0,5 $ = 600 $ de frais de traitement (dépense) ;
  • 900 $ – 300 $ – 600 $ = 0 $.

     

Dans cette situation, l’acteur ne gagne de l’argent que lorsqu’il met en vente les produits de recyclage. 

Pour que cette activité soit rentable, soit les dépenses doivent diminuer (déplacement ou traitement), soit les revenus (frais de collecte ou pourboire) doivent augmenter. Par conséquent, un itinéraire de 150 milles s’impose comme seuil de rentabilité.

N.B : Après la collecte, les responsables ont habituellement besoin d’entreposer les pneus. Malheureusement, aucun entrepôt n’est à l’abri d’un incendie, qui est très difficile à contenir. Or, le brasier peut persister pendant plusieurs jours voire des mois. Pour l’éteindre, il est préférable d’utiliser du sable ou des ordures. Quant à l’eau, elle doit être utilisée afin d’empêcher le feu d’atteindre les pneus encore intacts.

La récupération des pneus et leur transformation sont importantes afin de limiter la pollution de l’air, du sol ou de l’eau et contenir la propagation des maladies par les insectes (moustiques). De ce fait, en plus d’économiser ou de gagner de l’argent, les entreprises ou même les particuliers qui recyclent contribuent à la protection de la nature.

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